Château CHASSE-SPLEEN 2011

Cru Bourgeois Exceptionnel

Moulis

Rouge

Derrière ce nom magique, se cache un vin mondialement reconnu pour ses qualités constantes.

En 2003, en réunissant Gressier Grand Poujeaux et Chasse-Spleen, l’entité initiale est... En savoir plus

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Derrière ce nom magique, se cache un vin mondialement reconnu pour ses qualités constantes.

En 2003, en réunissant Gressier Grand Poujeaux et Chasse-Spleen, l’entité initiale est reformée. En effet, les deux propriétés avaient été scindées en 1840.


Leurs terroirs étaient depuis entrecroisés comme les doigts de deux mains jointes. S’étendant, dorénavant sur 90 hectares en Moulis avec une haute densité de plantation, le vignoble occupe trois des sommets de graves profondes de la commune. Là, s’étalent les règes de cabernet-sauvignon. Où s’épuisent le nappage de grave, affleure l’argile sur un socle calcaire peu profond. Ici, poussent les merlots.

Au fil des recherches entreprises par les propriétaires, l’origine du nom se précise.
Il est probablement le fruit de discussions vers 1860, entre Rosa Ferriere, la maîtresse des lieux, et son voisin, Odilon Redon, peintre symboliste réputé. Il a, en effet, illustré les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, dont on sait qu’il a fait du spleen, un copyright.

Directement ou pas, une même famille, les Gressier , a dirigé le château pendant deux cents ans.
Sans descendant, il fut vendu à une famille allemande qui en fit une marque connue en Europe du Nord. La guerre les dépossède et une famille de forestiers landais l’achète. Ils s’en occupent magnifiquement, le maintenant à un niveau de qualité et de technologie que lui permet l’industrie florissante du bois alors que celle du vin est sujette à de nombreux aléas.


En 1976, Chasse-Spleen est vendu à Jacques Merlaut, négociant de la place. Il renforce la position du cru sur les marchés.

En 2000, il en confie la charge à une de ses petites filles : Céline Villars, digne héritière de la justesse de vue de son aïeul.

 

1720 MONSIEUR GRESSIER

Au début de XVIIIème siècle, le roi autorise les grands bourgeois bordelais à porter épée et à posséder des terres.

Entreprenant, dès 1720, M. Gressier jette son dévolu sur une croupe de graves dominant les palus, sur la route qui mène à Pauillac. Le hameau sur son sommet se nomme Grand Poujeaux. Il bâtit des communs, et 20 ans plus tard, une chartreuse pour y passer les saisons viticoles. L’idée de vin de qualité a germé dans les esprits des exploitants bordelais depuis l’ouverture des marchés du nord de l’Europe. L’idée lui plaît-il et il s’engage dans cette démarche. Le vin acquiert une belle notoriété.

 

1820 POUJEAUX-CASTAING EN ATTENDANT CHASSE-SPLEEN

En 1820, à la suite d’une indivision, la propriété, qui a pris les noms de l’aïeul et du hameau, se scinde en deux. Le garçon garde Poujeaux Gressier. Lucrèce, la fille, épousée par un Castaing de Poujeaux - le château viticole -, hérite d’un vignoble, mais pas d’un nom. Pourtant, à l’occasion de la Foire Universelle de Londres de 1862, où ses vins seront exposés, il en faudra un. Poujeaux-Castaing n’est plus qu’un Poujeaux de plus.

La belle-fille de la fille, Rosa ferrière, déjà veuve, se souvient alors de la légende qui veut que Lord Byron, sillonnant les routes du sud de l’Europe, prompt à soutenir les révolutions, a fait une halte à Gressier. Admirablement reçu et abreuvé par l’arrière-grand-père, le grand homme l’aurait complimenté pour son vin n’ayant pas son pareil pour chasser le spleen : on sait qu’il avait faire de ce terme un « copyright ». On tient quelque chose.

 

1863 ODILON REDON & ROSA FERRIERE : CHASSE SPLEEN EST NE

Rosa Ferrière est une femme de caractère. Protestante, elle crée une école de confession dans le village de Moulis-en-Médoc. C’est un acte politique à une époque où le Sud-Ouest est nettement radical-socialiste et prône la laïcité absolue. L’établissement sera fréquenté par des villageois jusque dans les années 1960.

Son mari décède et la laisse seule aux commandes du domaine de Castaing Grand Poujeaux, une déjà belle exploitation dont elle renforcera la notoriété, attestée par la volonté des organisateurs de l’Exposition universelle de Londres de présenter plusieurs millésimes de son vin. Ils veulent en effet démontrer la constance de la qualité de ce vin dont la réputation a franchi la Manche : peu jouissent d’un tel privilège…

Rosa est aussi précurseur dans le domaine du marketing. Son vin invité ne saurait plus se contenter de ce nom qui rappelle par trop celui de ses voisins. En effet, nombreuses sont les propriétés qui ont pour marque l’adjonction du nom du lieu à celui de propriétaire. Les exploitations de Grand Poujeaux n’échappent pas à la règle.

L’exposition de Londres le confirme, nous sommes en pleine anglophilie. Politiquement, c’est l’entente cordiale et Edouard VII passe sa vie à Paris. Le choix est anglais, les bains de mer et la randonnée en montagne sont des idées anglaises. Des mots du vocabulaire anglais « switchent » dans le nôtre. Spleen, par exemple, dont Baudelaire a fait « une marque déposée » en France.

De son côté, Odilon Redon est encore bordelais ; il a à peine 23 ans et ne figure pas encore au panthéon des artistes symbolistes. Il a cependant un début de reconnaissance régionale.

Rosa sait qu’il passe encore souvent dans le Médoc, à Peyrelebade, la propriété des parents du peintre se trouvant à moins d’une lieue. Peut-être sait-elle qu’il a illustré Les Fleurs du mal. Dans le salon où elle réunit amis et artistes, le flair de Rosa et l’air du temps capté par Odilon sont donc probablement à l’origine du nom du domaine, admirablement choisi pour son évocation et sa faculté à marquer les esprits : Chasse-Spleen.

 

1912 LES SEGNITZ : UN PASSAGE ECLAIR

Au XVIIIème siècle, un marché pour les grands vins bordelais a été recensé en Europe du Nord. Les marchands hanséatiques de la frange allemande s’y penchent. Pour assurer le « sourcing », les rejetons sont envoyés le long de la Gironde. A l’origine commerciales, les relations avec le « Port de La Lune » et son art de vivre deviennent plus intimes. Certains font souche ou achètent des propriétés. Les Segnitz ont une affaire florissante à Brême. Ils font le commerce des vins de Bordeaux depuis plusieurs générations. Au début du XXème siècle, leur position bordelaise se renforce et est confirmée, en 1912, par l’achat du Château Chasse-Spleen à la veuve Ferrière, dont les héritiers ne voulaient pas. Sous forme de boutades, on avançait que les meilleurs moyens de perdre de l’argent étaient, dans l’ordre : les femmes, les chevaux, ou un château dans le Médoc…

Sous leur égide, Chasse-Spleen connaît une envolée de notoriété dans l’Allemagne du Nord.

Las, deux ans plus tard, la guerre éclate, et à son terme, en tant que bien appartenant à l’ennemi, Chasse-Spleen est confisqué. Marchands dans l’âme, ne voulant pas perdre leurs avantages sur la marque, ils renouent vite avec les nouveaux propriétaires pour redistribuer ce vin dans leur pays. Chasse-Spleen reprend sa marche en avant sur ce marché. Les Segnitz noueront de réelles relations cordiales avec les Lahary puis les Merlaut. Pendant une bonne partie du siècle dernier, Hermann, un Segnitz, aura été l’interlocuteur privilégié et apprécié de la propriété, où il aimait se rendre, parlant un français châtié de toute sa componction luthérienne.

 

1920 : LES TEMPS MODERNES DES LAHARY

Avec une grande acuité, François Mauriac a décrit l’atmosphère, au tournant du XXe siècle, des familles bourgeoises landaises régnant sur des milliers d’hectares de pins maritîmes. On dit que certains d’entre eux pouvaient aller de Bordeaux à l’Espagne sans quitter leurs terres. Les Lahary sont de ceux là. Très ancrés sur le territoire landais, ils partagent leur patronyme avec un village du département.

Fort de leur revenu forestier, cerchant une diversification agricole, Prosper Lahary s’intéresse à une propriété moulissoise de bonne notoriété, tombée dans l’escarcelle de la république. Proposé aux enchères à deux reprises, Chasse Spleen ne trouve pas d’acquéreur. Nous sommes au sortir de la guerre, l’économie est exsangue. Les fortunes ont fondu, l’aventure viticole et ses aléas sont jugés risqués. Prosper se décide enfin et en devient le propriétaire en 1922. Le bois et l’essence de Térébenthine sont de bonnes affaires, qui subventionnent si besoin l’exploitation viticole. Ainsi, Chasse Spleen, bénéficiant de cette manne, ne souffre pas de revenus changeants. Le vin demeure sur les marchés européens et jouit d’une bonne image grâce à sa qualité constante. L’illustration en est son chai, le premier à être enterré dans le Médoc en 1964.

Jusqu’à l’aube des années 1970, Chass-Spleen restera sans conteste le premier des crus bourgeois, jugé d’ailleurs exceptionnel en 1919 lors d’un classement qui ne sera confirmé à ce niveau près de 90 ans plus tard lors de l’éphémère classement de 2003.

Franck succède très vite à Prosper. Là où le père ne voit qu’un placement, le fils découvre une passion. Durant la moitié du siècle dernier, il aura fait un travail remarquable. Sous sa direction, Chasse-Spleen aura, avec constance, bousculé le classement de 1855. En 1977, attiré par ses Landes natales pour s’y reposer enfin, il vend le château aux Merlaut, mieux  préparés aux changements du commerce des vins. Il décédera 10 ans plus tard.

 

1976 Jacques MERLAUT  UNE VISION NOUVELLE

Jacques Merlaut est né en 1911 à Bordeaux. Issu d’une lignée de magistrats, il fait lui aussi son droit, mais estime que le commerce lui procurera davantage d’excitation.

Sorti de HEC en 1931, il créé une société avec son beau-frère. Elle porte le nom de ce dernier, mieux connu alors pour sa réussite en Amérique du Sud dans la vente de champagne. Installés à Sète puis à Bercy, les deux hommes assument leur statut de « pinardiers », qui consiste à acheminer des tomberaux de vin du sud de l’Europe et d’Afrique du Nord vers la France, marché inextinguible.

Historiquement, on connait l’homme aussi pour avoir très tôt pressenti la réussite de la grande surface française. En 1970, il s’impose rapidement comme un interlocuteur de premier ordre pour alimenter les besoins grandissants des enseignes qui maillent de plus en plus étroitement le territoire français. La croissance de l’entreprise connait la même que celle de ses fameux clients.

Le marché se raffine et Jacques s’intéresse aux grands vins de Bordeaux. Il acquiert différents négoces bordelais, Mestrezat dès 1970, puis en 1978, Ginestet et Descas, que reprendra son fils Denis. Il étend son intérêt aux autres régions françaises en achetant La Compagnie rhodanienne en vallée du Rhône, Joseph Verdier en vallée de la Loire et Ropiteau en Bourgogne, revendu depuis. Il se sépare de Chantovent, situé dans la banlieue parisienne, tirant un trait avec le négoce de masse. Tenté par la production, il acquiert le Château Chasse-Spleen, cru bourgeois exceptionnel  de Moulis en 1976 (alors qu’il a déjà 65 ans) puis château La Gurgue, cru bourgeois de Margaux, en 1978 et Haut_Bages_Liberal, cinquième grand cru classé de Pauillac, en 1982. Convaincu ensuite de l’avenir des grands vins, il reste seul à la tête de ses trois propriétés et en adjoint une autre : Château Ferrière, troisième cru classé de Margaux, en 1992. En 1996, ce choix s’affirme avec l’entrée dans son giron de Château Citran, cru bourgeois en haut Médoc, et de Château Gruaud-Larose, second cru classé de Saint-Julien, en 1997.

Alors qu’il flirte avec le grand âge, ses enfants, Denis, Antoine, Jean et ses deux petites-filles, Claire et Céline gérent le groupe. Celui-ci se renforce en 2000 d’un joint-venture canadien : Oosoyos Larose en vallée d’Okanagan, un bordeaux-like qui remporte un vrai succès en Amérique du Nord ; en 2003, de Château Château Gressier Grand Poujeaux, cru bourgeois supérieur de Moulis ; et en 2005, de Château de Camensac, cinquième cru classé en haut Médoc, le tout émaillé d’expériences chinoises, marocaines et en Corbières.

450 hectares de crus classés ou assimilés forment maintenant les possessions des Merlaut dans le Médoc, auxquels il convient d’ajouter les terroirs ultramarins. Jacques Merlaut continuait d’être tenu au courant par les plus performants des acteurs de la filière. Son aura remarquable perdurait et il continuait d’être interrogé sur ses sentiments à propos de telle ou telle situation que connaissait le marché des grands vins. Devenu landais il n’était jamais loin d’un téléphone qui ne mettait jamais lontemps à sonner. Jacques Merlaut décède au mois de décembre 2008 à l’âge de 97 ans.

 

2000 Celine VILLARS CHANGEMENT DE SIECLE

 

Arrivant à Chasse-Spleen en 2000, Céline Villars est encore une inconnue dans le monde du vin. Elle est pourtant sœur, fille et petite-fille de figures du vignoble bordelais.

 

Avant de disparaître prématurement, sa mère, Bernadette, dirige Château Chasse-Spleen, et l’exploitation lui doit beaucoup pour sa renommée. Sa sœur, Claire, lui succède et confirme l’aura internationale de Chasse-Spleen. Et que dire du grand-père, Jacques Merlaut, dont la carrière dans le monde du vin est un succès incomparable ! C’est le fondateur du Groupe Taillan, négoces et propriétés, dont 450 hectares de crus classés et assimilés dans le Médoc.

Pour se laisser du temps et assouvir son autre passion, l’architecture, elle engage Jean-Pierre Foubet, son mari et père de leurs trois garçons, à la rejoindre à la tête du Château. Il aura en charge la direction générale tandis qu’elle assurera la présidence.

En 2005, le tandem apporte son expertise au management de Château de Camensac, cinquième cru classé, acheté conjointement par Céline et Jean Merlaut, son oncle, en charge de Château Gruaud Larose.

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