Ch. LEOVILLE-POYFERRE 2011 Magnum

2ème Grand Cru Classé

Saint-Julien

Rouge

Sous le règne de Louis XIII, en 1638, Maître Jean de Moytié, bourgeois anobli bordelais et conseiller au Parlement de Bordeaux, possédait un vignoble planté sur un mont de graves proche de la... En savoir plus

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bouteille

Sous le règne de Louis XIII, en 1638, Maître Jean de Moytié, bourgeois anobli bordelais et conseiller au Parlement de Bordeaux, possédait un vignoble planté sur un mont de graves proche de la Rivière. Ce qui valut à ce lieu le nom de «Mont-Moytié», selon l’usage du temps de désigner un lieu par le nom de son détenteur.

Le cru de Mont-Moytié fit partie de ces premiers crus historiques du Médoc, tous nés avant la Fronde (1648-1653), comme le « Château de Margaux », la « Tour de Saint-Lambert » ou le « Château de La Fitte » à Pauillac ou bien le Château de Calon, à Saint-Estèphe.
Le Médoc donnait naissance alors à ses premiers crus de paroisse.


LA NAISSANCE DE LEOVILLE

Le domaine resta dans le giron de la Maison de Moytié pendant un siècle, puis échut par alliance à la Maison de Gascq.
Sous Louis XV, cette puissante famille de parlementaires bordelais compta un premier président de la Chambre de la Tournelle, Antoine, détenteur d’un cru de Margaux qui fut à l’origine de Château Palmer.
Son frère, Alexandre, épousa l’arrière-petite-fille de Jean de Moytié et entra en possession du cru familial en 1740. Influencé par les idées des physiocrates et rompu aux choses de la terre, Alexandre préférait le dédale des chais à celui des couloirs du palais.
Riche d’ambition pour son cru, Alexandre De Gascq renomma Mont-Moytié en Léoville (dit aussi Lionville), du nom de son premier domaine, « propriété modèle» située en rive droite.

LEOVILLE PLUS GRAND DOMAINE DU MEDOC

Alexandre de Gascq voulait que son cru de Léoville soit un modèle et qu’il occupe le premier rang des crus de Médoc. Pour ce faire, le domaine fut planté en cépages à petits grains, les vignes palissées avec des lattes de pin, des «vaisseaux vinaires» construits pour les nouveaux chais et les «vins de goutte» mis en barrique méchées au soufre, puis soutirés au fin.

Le Château de Léoville vit aussi le jour avec de beaux jardins à la mode et de vastes dépendances.
Au décès d’Alexandre de Gascq, après 35 ans d’acquisitions et de défrichements, le domaine de Léoville à Saint-Julien était devenu le plus important du Médoc, regroupant 120 hectares.

L’HERITAGE D’ALEXANDRE DE GASCQ

Les héritiers d’Alexandre de Gascq conservèrent heureusement l’intégralité du domaine dans le cadre de l’indivision. Néanmoins, à partir de 1775, les vins de Léoville se négocièrent sous quatre marques différentes : d’Abadie, « Lacaze », Chevalier et Monbalon.
Deux de ces familles avaient la fibre vigneronne depuis des lustres : le président d’Abadie détint un temps la baronnie de Beychevelle tandis que la famille Chevalier possédait une partie du vignoble de la maison noble de Gassies, à Margaux.

Plus versé dans l’épée que dans la robe, le marquis de « Lascaze » suivit les Bourbons dans leur exil en 1793. Naturellement, sa part se trouva vendue en bien national en 1794 (qui sera par la suite achetée par Hugh Barton). Cependant, le reste de sa famille s’accommoda plus ou moins de la situation et se maintint à la tête du domaine jusqu’à la Restauration Monarchique.

Entre-temps et sous le ciel du Nord, à Haubourdin, la Maison de Négoce de Vins Henri Cuvelier et fils était née, en 1804, l’an du « Soleil d’Austerlitz ».

LE TEMPS DES MUTATIONS

En 1826, Charles X, alors au pouvoir, fit voter des « lois scélérates » et protectionnistes. Les Anglais ripostèrent en boycottant les grands vins de Bordeaux et c’est en plein marasme viticole que Hugh Barton se porta à la tête des domaines de Chevalier et de Monbalon. Le reste du domaine, encore aux mains des descendants des héritiers Lascase, représentait les trois-quarts de la superficie du domaine initial de Léoville.

Le partage foncier de 1840 respecta une répartition équitable du vignoble et des terres. L’aîné, Pierre Jean de « Lascases », reçut la part qui devait constituer le domaine originel de Château Léoville Lascase.
Sa sœur, Jeanne, céda ses droits à sa fille mariée au baron Jean-Marie Poyferré de Cerès, issu d’une maison noble d’Armagnac. Typiquement gascon, ce nom de Poyferré signifie un « point ferré », c’est à dire une partie de chaussée empierrée où chevaux et véhicules se doivent de porter des fers.

Au partage de 1840, la marque de Léoville-D’Abadie avait déjà été abandonnée au profit de la marque du baron de Poyferré. Les bâtiments du château Léoville Poyferré et Léoville Lascase furent divisés eux aussi en deux parties et le sont toujours. Cette situation est tout à fait exceptionnelle en Médoc, comme en Bordelais.

LA CONSÉCRATION, PUIS LA DISETTE

Après les honneurs du classement impérial de 1855, le baron de Poyferré soutint courageusement la première « guerre » de l’oïdium qui dura jusqu’en 1863. Après une décennie de récoltes très déficitaires et peu qualitatives, Jean-Marie Poyferré et son épouse se résignèrent à se séparer de Léoville Poyferré qu’ils finirent par vendre en 1865 à la famille Lalande et Erlanger, grande famille de banquiers et de courtiers en vins.
A cette même époque de nombreux châteaux passèrent des mains de la Noblesse dans le giron du Négoce bordelais, les Chartrons.
Le montant de la transaction porta sur un million de francs, soit la valeur de quatre années de récolte moyenne en vertu de la tradition médocaine de conduite des vignobles avant les maladies (2 tonneaux à l’hectare, soit 18 hectolitres à l’hectare). Ce qui n’était pas si mal, car Lalande et Erlanger attendaient des lendemains vignerons meilleurs.
Heureusement, une fois l’oïdium jugulé, une embellie emporta à nouveau les vins des grands crus vers les sommets d’antan.
Apparenté aux Lawton, familles de notables courtiers plus que séculaires, Armand Lalande, présida aux destinées du domaine dès 1866, et ce, pendant vingt ans.

LE TEMPS DES LALANDE-LAWTON

Le phylloxéra succéda à l’oïdium. En 1879, il commença à infecter les vignes de Saint-Julien, puis le « mildew », le mildiou, vint couronner le tout vers 1885.

De telles catastrophes écologiques étaient la rançon à payer face à la mondialisation naissante des espèces engendrée par le développement des transports et le brassage des pratiques agricoles. Toutes trois venues d’Amérique, ces maladies eurent le temps de mettre à terre trois vagues successives de propriétaires viticoles en l’espace d’une soixantaine d’années. Léoville-Poyferré passa ces redoutables épreuves la tête haute.

Désormais dans le giron du négoce bordelais, elle profita des débouchés offerts par la Place de Bordeaux, qui lui garantit un équilibre financier durable pendant la période des maladies.

Ce système, où tour à tour le Négoce et la Propriété dominent le marché, fut générateur de stabilité indispensable à la bonne tenue de Léoville Poyferré et permit le renom de sa marque de 1865 à 1920.

UNE TRADITION FAMILIALE AU SERVICE DU VIN

Bonaparte s’apprêtait à devenir Napoléon quand, en 1804, Henri Cuvelier fonda une maison de commerce en vins dans son pays natal, Haubourdin, gros bourg commerçant et industrieux du Nord.

Après cette naissance dans une rude période pour le négoce des vins, l’entreprise familiale connut un développement rapide, portée par la renaissance de l’intérêt pour les grands vins de Bordeaux, en général, et des Grands Crus Classés du Médoc en particulier. La famille essaimant au cours du 19ème siècle, un réseau commercial dense put ainsi se constituer, de la Normandie aux Flandres.
A l’orée du 20ème siècle, Paul et Albert Cuvelier, familiers des courtiers bordelais, donnèrent une nouvelle orientation à la société familiale en prenant pied dans le vignoble médocain.
En 1903, ce sera l’achat du Château Le Crock, à l’époque 1er Cru Bourgeois Supérieur de Saint-Estèphe, vieux domaine viticole issu du démembrement du bourdieu de Marbuzet, propriété des Ségur-Bastérot, passé ensuite en 1788 aux mains des Merman, courtiers flamands, qui le gardèrent pendant trois générations.

Le mot « croc », populaire au XIIème siècle donnera ultérieurement « cochet », puis « croquet » au début du XIXème lorsque ce jeu deviendra le premier jeu de plein air et de l’aristocratie britannique.
La consonance anglo-saxonne de Crock et son « k » final s’explique par la mode anglophile à l’époque où les Merman fréquentaient les Lawton, les Johnston et les Barton.
Les Merman garderont le nom et la finale percutante évoquant la robustesse et la force typiques des vins de Saint Estèphe. Ce domaine, entouré des grands crus classés Château Cos d’Estournel et Château Montrose, comprend en dehors du parc, de vastes prairies et une île, 33 hectares plantés en vignes dont les plus vieilles vignes et les mieux situées produisent le vin du Château Le Crock, les autres constituent le cru du Château La Croix Saint Estèphe.
Dix ans plus tard, en 1913, la Famille Cuvelier acquiert son premier cru classé, Château Camensac, 5ème Cru Classé en 1855, sur la commune de Saint-Laurent.

En mai 1914, Paul Cuvelier et ses neveux se rendirent en Argentine à la recherche de débouchés pour la nouvelle cimenterie de Dannes (dans le Boulonnais), autre activité familiale. Ils voyagèrent 5 mois en Argentine, visitèrent aussi des estancias et goûtèrent des vins qu’ils trouvaient «agréables à boire». Mais le premier conflit mondial eut raison de leur rêve. Les chais de la Maison de commerce du Nord furent pillés par la soldatesque germanique, mais dès les lendemains de la Grande Guerre, la famille Cuvelier devait néanmoins reprendre l’initiative.

LEOVILLE POYFERRE DANS LE GIRON DE LA FAMILLE CUVELIER

Cette guerre devait aggraver le déclin des grands crus entamé dès la fin de la belle époque. Pourtant, après la paix, tout Bordeaux attendait une reprise des affaires.
En 1920, pour un million deux cent mille francs, la famille Cuvelier acquiert le Château Léoville Poyferré à la famille Lawton.
En 1920, elle achète également le Château Moulin Riche, classé Cru Bourgeois Exceptionnel en 1932. Les raisins issus de ces 22 hectares sont vinifiés dans les installations du Château Léoville Poyferré.

Les espoirs nourris par cette nouvelle génération de propriétaires devaient s’évanouir face à un environnement économique de plus en plus défavorable. Même la nature délaissa le vignoble médocain, ne laissant émerger d’un flot de millésimes sans grands attraits que les réussites exceptionnelles de 1928 et de 1929, pour Léoville Poyferré.
Les années 30 furent très difficiles au niveau climatique et n’amenèrent qu’un grand millésime, le 1934. Grâce à son activité florissante de négociant, la famille Cuvelier réussit à conserver ses propriétés viticoles : les Châteaux le Crock, Camensac, Moulin Riche et Léoville Poyferré.

En 1947, mandaté par ses associés, Max Cuvelier ouvrit une seconde Maison de Négoce de Vins à Bordeaux se rapprochant ainsi des domaines familiaux.
Deux des enfants de Max Cuvelier ont pris la relève :
Didier Cuvelier gère les châteaux Léoville Poyferré et Le Crock depuis 1979 et Olivier Cuvelier dirige la maison de négoce H Cuvelier & Fils à Bordeaux depuis 1985.

 

Références du même Château : 

Château LEOVILLE-POYFERRE 2010

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Château LEOVILLE-POYFERRE 2011 Double Magnum

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