Château PRIEURE-LICHINE 2011

4ème Grand Cru Classé

Margaux

Rouge

Grâce à une donation foncière des seigneurs de Blanquefort, le prieuré-cure de Saint-Didier de Cantenac fut fondé à l’époque romane par les chanoines réguliers de Saint-Augustin établis en... En savoir plus

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Grâce à une donation foncière des seigneurs de Blanquefort, le prieuré-cure de Saint-Didier de Cantenac fut fondé à l’époque romane par les chanoines réguliers de Saint-Augustin établis en l’abbaye de Vertheuil autour de l’An Mil.

Durant la période anglo-gasconne de la Guyenne (1154-1453), cette abbaye médocaine, halte majeure en Médoc du grand 

Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, possédait les plus grands domaines viticoles du Médoc.
En 1444, les vins en provenance de son "creu" du Prieuré de Cantenac étaient au sommet de la hiérarchie des vins de leur temps, imposés par le bouteiller du roi au même tarif que ceux de l’Hermitage ou du Clos de Vougeot, tels qu’en témoignent les registres de la douane de Hull établis en 1444.

Margaux n’était pas alors en reste de notoriété.


En 1399 eut lieu un saccage de vignes par des marins anglais qui remontaient la Gironde. Ils prirent à Margaux des sarments au stade des pampres pour en faire une grillade sur le port de Bordeaux. Ce geste sacrilège porté à la plante sacrée de Bordeaux déclencha un vif ressentiment dans la population, puis une échauffourée.

L’Histoire retint une rixe survenue entre deux bourgeois de Bordeaux à propos de la fidélité due au roi d’Angleterre.Ce différent se termina en 1405 par duel d’honneur, à Nottingham, en présence du roi Henri IV d’Angleterre.

Sans conteste, dès l’époque médiévale, la forte cote des vins du Pays Margalais et ceux du Prieuré de Cantenac était déjà bien établie.

Du XIIe siècle au XVIIIe siècle, le prieur de Cantenac et ses moines assurèrent non seulement le service religieux de la paroisse de Saint-Didier mais se consacrèrent aussi aux travaux des champs. Vignes, cultures, vergers, pâtures et bois composaient la vingtaine d’hectares du domaine ecclésiastique qui entourait le vieux prieuré et l’église romane, disparus aujourd’hui.

Ce n’est qu’à partir de la "fureur de planter", qui se déroula principalement au cours du règne de Louis XV
(1723-1774), que l’ensemble des terres du prieuré de Cantenac furent entièrement dédiées à la vigne.

A la Révolution, ce bien d’Eglise ne fut pas frappé de réquisition grâce à l’activisme de son curé. Ce fut seulement sous le Premier Empire que le Prieuré de Cantenac et ses terres furent vendues à une dynastie de bourgeois bordelais.


Grâce à ses racines monacales et médiévales fort anciennes, le Château Prieuré-Lichine représente une exception au sein des Grands Crus Classés en 1855, tous issus de fiefs nobles, pour les plus anciens, ou de propriétés bourgeoises, pour les plus récents.


Au 16ème et 17ème, le domaine du Prieuré reste toujours consacré à la polyculture.
Au cours du 18ème siècle, porté par le renouveau d’intérêt pour les vins du Médoc (notamment de la part des anglais) la vigne conquiert enfin toutes les terres du Prieuré.
Dès lors, ses vins acquièrent un rang permettant à l’Intendance de Bordeaux de classer à plusieurs reprises le Prieuré dans la catégorie des troisièmes crus des Paroisses de Margaux et de Cantenac.

Sous le Premier Empire, ce bien d’Eglise devient la propriété du négociant en vins bordelais Durand Delains


En 1662, le curé-prieur était Jean Mesnager. Son frère, Emmanuel lui succéda en 1674.
Son sacerdoce lui rapportait de très modestes revenus. Et en 1686, année de mauvaise récolte, l’abbé de Vertheuil le dispensa de payer sa part de la dîme. Après une période florissante pour le commerce des vins sous Colbert, les guerres de Louis XIV provoquèrent une longue période de marasme.
Il fallu attendre les bons offices du prieur Ledoux, de 1705 à 1737, pour voir le sort du Prieuré s’améliorer et ce particulièrement après 1715 avec la Régence d’Orléans (1715-1723).


En 1730, les revenus de la dîme du prieur Ledoux (7 000 livres, payées à 93% en vins) constituaient le deuxième plus haut revenu ecclésiastique du Médoc. Rappelons qu’à cette époque, les terres du prieuré et celles de Margaux étaient toujours dévolues à la polyculture et à l’élevage.

Sous le sacerdoce du Prieur Arnaut et grâce aux soins vignerons de ses vicaires Mandavy et Copmartin, la vigne conquiert enfin toutes les terres du Prieuré entre 1737 et 1766.


La renommée des vins du "Prieuré de Cantenac, aux Abbés de Vertheuil" retrouva alors toute sa splendeur médiévale. Sous l’Intendance de Tourny père et fils, le cru du Prieuré fut alors recensé par l’Intendance de Bordeaux au rang de 3ème cru du groupement des paroisses de Margaux et de Cantenac                           (600 à 1000 livres au tonneau contre 1500 à 1800 pour le premier cru, "château de Margaux").


L’année 1760 fut particulièrement faste pour le prieur Arnaut.
Les revenus de la dîme, composée à 98% de vins, dépassèrent le seuil des 15 000 livres pour constituer le premier revenu ecclésiastique du Médoc.
Son successeur, le prieur Authefaud, investit alors ce trésor apporté par "l’or rouge" dans une nouvelle église. Dès son installation, en 1766, il dressa lui-même les plans de l’église actuelle. De la pose de la première pierre, le 12 juillet 1769, à sa consécration, le 15 novembre 1771, jour de la saint-Didier, il ne cessa de diriger l’ouvrage, de l’architecture au choix de la décoration.

A la fois classique par son extérieur (frontispice triangulaire) et baroque par sa décoration intérieure, l’église
de Cantenac fut de son temps, l’exemple parfait du bon goût et du raffinement caractéristique du style       Louis XV.

Bâtisseur, mais peu vigneron, le prieur Authefaud, de 1771 à 1789, se consacra uniquement à l’exercice des sacrements, laissant les rênes du vignoble aux chanoines de Vertheuil.
En 1776, pour récompenser leurs efforts l’Intendance de Guyenne classa les vins du Prieuré de Cantenac en position de 3ème Cru de paroisse pour des vins cotant de 600 à 625 livres au tonneau                           (Château Margaux à 1250).


Avec l’arrivée du curé-prieur Jouneau en 1789, le destin du Prieuré bascula.


De tendance progressiste, il fit partie des "curés jureurs" qui en 1793 prêtèrent serment sur la Constitution.
Dès lors, il signa les actes d’état civil de la Commune de Cantenac en temps qu’ "Officier Public".


En l’An IV de la République (1796), il remplit la fonction d’ "Agent de l’Etat Civil" puis en Thermidor de l’An V devint maire de Cantenac. A cette époque, lors de la création du registre fiscal des communes, les terres du Prieuré furent imposées sur la base de 380 livres au tonneau, valeur acquise par les vins de "curé Jouneau" (en comparaison la base pour Château Margaux était de 900 livres)*.
A sa mort en 1809, le cru du Prieuré de Cantenac passa alors entre les mains d’un négociant de la place de Bordeaux : le sieur Durand Delains.


*Ces cours des grands vins, réduits de moitié sous la Révolution, sont ici exprimés en livres d’après la
réforme de l’Assignat, soit environ le tiers de la valeur de la livre sous Louis XVI. On notera la décrue brutale
subie à cette époque par les crus classés de paroisse après les sommets atteints cinquante ans plus tôt, du
temps de la livre « lourde » au début du règne de Louis XV.


Sous l’égide de Durand Delains, négociant en vins installé aux Chartrons, la cote des vins du Prieuré connut une forte progression.

En 1823 elle réussit à atteindre 1800 francs au tonneau (contre 600 francs sous Napoléon 1er). Cette
progression se fit dans une période dépourvue d’inflation et se poursuivit jusqu’en 1855, année où "Le Prieuré de Cantenac" devint officiellement Quatrième Grand Cru Classé.


Ses vignes étaient pourtant bien enregistrées en troisième catégorie au cadastre de l’ancien régime, mais l’apparition d’une cinquième classe dans la hiérarchie des crus a bousculé les anciens usages.


Avant 1855, les avis sur la position des vins du Prieuré divergeaient. Frank et Cocks les plaçaient en 4ème classe, mais d’Armailhacq les conservait dans la catégorie des troisièmes Grands Crus.
Les honneurs du Classement Impérial de 1855 furent recueillis par la veuve du juge Pagès.

Ce dernier avait acquis le domaine en 1838 pour décéder sans succession directe en 1852.

En 1862, la veuve Pagès se remaria, mais conserva son bien en propre sous le nom de "rosset la Dame, née Latour, propriétaire au Grand Prieuré".


A cette époque, malgré le phylloxéra menaçant dans le Midi et l’oïdium responsable de grands ravages, mais en voie d’être jugulé, c’était toujours l’âge d’or pour les grands vins de Bordeaux.


En 1879, quelques années après son apparition dans les palus de Macau, le phylloxéra atteint Margaux. Son invasion générale dans le Médoc déclencha une "valse des propriétaires", situation inconnue jusqu’alors et renforcée par l’apparition du mildiou en 1882.


Les anciennes familles nobles, d’épée ou de robe, rescapées des révolutions et des grandes périodes de crises durent finalement se résoudre à vendre leur cru.


Au Prieuré, comme ailleurs, des "hommes nouveaux" entrèrent dans l’histoire du cru.


Le parisien Victor rulh associé au landais Gabriel rousseau entreprirent en 1886 la reconstitution du vignoble ravagé par les maladies. Suite au décès de ce dernier, en 1899, Victor ruhl demeura seul propriétaire jusqu’à la fin de ses jours en 1903.


Le domaine devint alors la propriété de Victor Saint-ubéry durant 20 ans, puis après un intermède de 4 ans assuré par Pierre Frédéric Bossuet, de 1924 à 1928, celle de Michel De Wilde.


Célèbre famille hollandaise, les De Wilde, connurent leur heure de gloire au cours du XVIIe siècle lorsque Jean et Cornélius De Wilde dirigèrent l’éphémère république batave, par la suite réduite dans le sang par Guillaume d’Orange qui martyrisa les deux frères épris de liberté.


Leur lointain descendant subit la Crise de 1929 de plein fouet et dut se résoudre, six ans plus tard, à céder son domaine à une société de négoce parisienne : la S.A. des Grands Entrepôts réunis à Neuilly.


Lorsqu’en 1951, Alexis Lichine débuta les pourparlers d’acquisition, il ne restait plus que 4 hectares de vignes en culture. Dès son acquisition, Alexis Lichine s’attelle à la reconstitution du vignoble mais les mémorables gelées de 1956 nuirent momentanément à ses efforts.

Alexis Lichine, surnommé le Pape du Vin, pris possession du Château Prieuré-Cantenac en 1951 pour lui donner son nom deux ans plus tard.
Grâce à une politique faite de patience et d’obstination, ce pionnier des premiers jours de la renaissance de
Margaux, dota son cru de nouveaux terroirs, et fit reconstruire l’ancienne demeure ecclésiastique en modernisant les installations.
Excellent vinificateur, dégustateur hors pair et colporteur infatigable de la renommée des vins de Bordeaux, il fut l’auteur de plusieurs ouvrages de référence dans le monde entier. Il s’éteint au Prieuré-Lichine le 1er juin 1989.

Quand, lors de la Révolution d’Octobre 1917, le petit garçon de quatre ans quitte Moscou avec ses parents à destination de la France, rien ne semble le prédisposer à une destinée exceptionnelle dans le monde du vin. Pourtant, vers la fin de l’Entre-deux-guerres, le jeune Alexis fait ses premières armes à Paris en temps que commercial du vin.
Animé par la passion du vin et fort de l’expérience acquise dans le négoce international comme dans la vente aux particuliers, très en vogue à l’époque, Alexis Lichine enrichit son horizon vinaire dès son premier séjour aux Etats-Unis.
Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Alexis Lichine participera au débarquement américain d’août 1944 en Provence. Promu au grade de Major et aide de camp du Général Eisenhower, Alexis Lichine une fois démobilisé, reprendra le chemin de la France (sa première patrie d’adoption) pour visiter les vignobles et déguster nos grands vins.
Après avoir sillonné les vignobles européens pour regarnir les caves du prestigieux hôtel new-yorkais, le Waldorf-Astoria, et celles d’Antoine, célèbre restaurant français de la Nouvelle-Orléans, il crée, de fait, sa propre marque sous le nom de "Sélections Alexis Lichine".


Parfait critique, Alexis Lichine souhaite alors devenir un véritable artiste du vin.
En 1949, sa fibre vigneronne l’attire en premier en Bourgogne. Cependant, c’est Margaux qui finira par le capturer définitivement en 1951. Avec le soutien d’associés américains passionnés de grands vins, il prendra tout d’abord possession du Château Prieuré-Cantenac, 4ème Grand Cru Classé en 1855, puis du Château Lascombes, 2ème Grand Cru Classé en 1855.


Au-delà de son image internationale et de son imposante personnalité, Alexis Lichine, était aussi un vrai vigneron médocain dont la chaleur et la convivialité firent merveille dans l’univers quelque peu compassé du Bordeaux de l’époque.


Comme pour se conformer à l’adage, "on est du pays où on laisse ses os", Alexis fit le choix de reposer en terre margalaisedans le jardin de son prieuré.
Avant-gardiste reconnu de son temps à bien des égards, il décida très rapidement d’ouvrir ses châteaux au grand public.
A l’heure du développement de l’œnotourisme, il est bon de rappeler que le pape du Vin fut aussi un pionnier dans ce domaine.
Ainsi, depuis maintenant plus d’un demi-siècle, la tradition d’accueil instaurée au Château Prieuré-Lichine par Alexis Lichine perdure et fait désormais partie de l’âme de ce cru aux racines médiévales.

  • Poids 10
  • Video - Titre Château Prieuré Lichine
  • Video - Sous titre Reportage de Sporza
  • Video - Code J6ab4AUrMQU
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