Château TERTRE ROTEBOEUF 2006

Grand Cru Classé

Saint-Emilion

Rouge

..."Est-ce que cela vient de moi (je serais quelqu’un à la fois de très sociable qui apprécie la civilisation tout en me tenant en même temps en retrait) ou est-ce que cela vient de mon... En savoir plus

222,00 € TTC
1 332,00 € TTC


caisse(s) de 6

..."Est-ce que cela vient de moi (je serais quelqu’un à la fois de très sociable qui apprécie la civilisation tout en me tenant en même temps en retrait) ou est-ce que cela vient de mon histoire ? On peut l’expliquer de façon raisonnable par l’histoire : lorsque j’ai pris Tertre-Roteboeuf – qui appartenait à la famille de ma femme – il était hors de question de classer un cru en dehors des limites de Saint-Émilion. C’était un principe, avec peut-être deux exceptions : Larcis-Ducasse et Haut-Sarpe.

J’ai tout de suite pensé que l’on pouvait y faire un très grand vin en me f… d’avoir ou non l’appellation. Cette propriété a gagné son renom auprès d’amateurs du monde entier qui n’étaient peut-être pas très conventionnels, des gens que cela faisait rêver de trouver des choses délicieuses en dehors des critères des classifications, comme on pourrait être ébloui par un petit tableau dans une brocante alors que d’autres voudraient à tout prix acheter des Renoir. J’en étais fier, j’en étais heureux. Aurais-je dû demander à être classé pour rentrer dans le rang ? N’aurais-je pasdéçu la clientèle qui m’avait découvert ? Je n’ai donc jamais demandé l’appellation. Et je crois que je ne la demanderai jamais. Et pourtant je suis très respectueux des appellations. En côtes de Bourg, ils avaient aussi prévu de faire un classement. J’avais alors prévenu le Syndicat que je ne la demanderai pas, parce que ma vie a été ainsi faite et que j’en ai été heureux. Quelque part, le fait de ne pas être classé m’oblige à faire un vin merveilleux tous les ans. Une bravade, en quelque sorte
Un grand vin ne se ferme pas

J’ai toujours défendu l’idée qu’un très grand vin est toujours délicieux et ne se ferme pas. Dès sa jeunesse, il est éclatant. Ceci dit, c’est une position un peu dogmatique, en ce sens où vous avez des millésimes qui vous jouent des coups étranges. Il y en eut un l’autre jour, dont je doutais depuis longtemps, et qui là se goûtait remarquablement. C’est étonnant. Un vin fermé, c’est souvent un vin dont les tannins n’étaient pas totalement à maturité. Ils sont un peu rudes. Jeune, il a une expression aromatique « primeur » car il n’a pas d’arômes confits. Le piège dans lequel tombent tous les professionnels, c’est lorsqu’ils dégustent en primeur. S’ils voient une robe violacée, ils devraient s’inquiéter, car cela indique de l’acidité. Si l’odeur est sur des arômes « primeur » intense, il doit se dire attention, je vais avoir une explosion aromatique de jeunesse qui va me charmer et masquer la rudesse des tannins. En bouche, il faut essayer de ne percevoir que les tannins. Pourquoi ? Parce qu’un peu plus tard, quand cette gamme aromatique primeur va chuter, le vin se fermera et il faudra attendre que les tannins vieillissent pour que le vin s’ouvre. Mais ce ne sera jamais une aromatique de fruit bien mûrs. Les grands vins ne se ferment pas. Ils ont peut-être des phases où ils sont un peu tristes, mais c’est tout. Si vous avez poussé suffisamment l’élevage dans un processus évolutif des saveurs, vous vous dites qu’il n’est pas possible qu’il se ferme, ce vin ! Car il est déjà parti sur l’évolutif. Par exemple, j’aime beaucoup Roc de Cambes 2009 et je sais qu’il sera critiqué tout au long de sa vie car il est trop évolué. Mais je sais qu’il ne se fermera pas et que dans 30 ans… Parce que l’on confond la maturité du fruit et de l’élevage avec celle de l’âge, voyez-vous ? Ce qui fait qu’un vin vieillit, c’est l’ampleur aromatique. Un vin vit sur son fruit. Un fruit de bon aloi, que l’on éclate à travers les fermentations alcoolique et malolactique, que l’on civilise à travers l’élevage en barriques et qui se dégrade de façon somptueuse à travers l’évolution de l’âge. À un moment donné, 20 ou 30 ans après, alors que le tertiaire est bien en place, il commence à s’épuiser. L’usure va apparaître, car la sécheresse de la structure ressort."

François MITJAVILE

 

Le château Tertre Roteboeuf est un petit domaine viticole de 5,6 hectares magnifiquement situé sur la côte sud de Saint-Émilion, dans la commune de Saint-Laurent-de-Combes. On dit de ce terroir qu'il est la plus haute expression des vins de côte du Bordelais. Ce vignoble d’origine gallo-romaine bénéficie d’un micro-climat rare car uniquement composé de hauts de coteaux orientés sud/sud-est, vers le soleil levant.
Construit en 1730, le château présente l’architecture d’un domaine vigneron dans le plus pur style 18ème siècle.


A la fin des années 1970, François Mitjavile reprend les rênes du domaine que son épouse Emilie a hérité de son père. Ce vignoble, qui porte alors le nom de Château du Tertre, a perdu depuis longtemps son lustre et sa renommée. La présence de la vigne remonte pourtant loin, à l'époque romaine. Quant à l'ensemble des bâtiments (chais et habitation), ils datent de la fin du XVIIème siècle. Le domaine est par ailleurs référencé dans l'édition de 1929 du guide Féret, « bible » du vignoble bordelais. François Mitjavile rebaptise le domaine Le Tertre Roteboeuf, en accolant au nom d'origine celui de l'un des lieux-dits sur lesquels est implanté le vignoble : « Roteboeuf », en vieux français, traduit la peine avec laquelle les bœufs montaient la côte, aride et dure.


Farouchement indépendant, François Mitjavile est un vigneron érudit, passionné d’histoire de l’agronomie, qui a révélé Tertre Rotebœuf, ce terroir d’argiles « extravagant, le plus exotique de la côte sud » de Saint-Emilion.

Dès ses débuts, François Mitjavile a appliqué à la lettre les préceptes du célèbre oenologue Emile Peynaud : « Je privilégie la qualité du fruit ; l'élevage ne fait que développer ce potentiel » cite t-il.
Vision à l’opposé de la doxa des châteaux d’aujourd’hui qui divisent leur production en deux, trois, voire quatre cuvées, avec toujours plus de tries pour s’illustrer dans les classements.
Cette tendance à l’eugénisme du raisin et à sa concentration, oriente la production vers des « grands vins “boîtes de conserve” » que réfute le visionnaire François Mitjavile.

 

D'autres millésimes du même château : 

Château Tertre Roteboeuf 2004

Château Tertre Roteboeuf 2006

Château Tertre Roteboeuf 2007

Château Tertre Roteboeuf 2008

Château Tertre Roteboeuf 2010

Château Tertre Roteboeuf 2011

  • Poids 10
  • Video - Titre Tertre Roteboeuf
  • Video - Sous titre François Mitjavile
  • Video - Code SXxMkO8U9cU
  • url map FdMtD